Crus bourgeois du Médoc : en attendant le classement, la sélection officielle !

Liste des 270 châteaux du Médoc retenus cette année au titre du millésime 2016. Le classement est, lui, attendu en 2020.

Par Jacques Dupont et Olivier Bompas

Les crus bourgeois occupent une place intermédiaire mais de choix dans la vaste et hétéroclite famille des vins du Médoc. Beaucoup plus abordables que les grands crus classés, mais implantés sur des sols parfois aussi qualitatifs par les riches bourgeois bordelais (les habitants du bourg), les crus bourgeois sont aujourd’hui considérés comme une vraie garantie de qualité, et surtout comme l’un des rares repères vraiment compréhensibles en matière de qualité dans l’univers du vin bordelais.

Dans les années 2000, la dénomination « crus bourgeois » a fait l’objet d’un vaste toilettage, nécessaire. Trop d’étiquettes, peu de contrôles, il fallait, de l’avis des responsables, redonner du sens au mot « bourgeois ». Après de nombreuses péripéties, un classement nouvelle formule a vu le jour en 2003. Mis en cause par des propriétaires insatisfaits des résultats, il fut annulé par la justice. Depuis 2010, ce classement s’est transformé en un label annuel. Il portait sur le millésime 2008 et a permis de maintenir les décisions de contrôle et d’exigence prises lors du « toilettage ».

De plus en plus de crus acceptés en bourgeois 

Depuis, chaque année, à une date précise, la liste est dévoilée pour un millésime en vente et transmise à la presse. Mais cette solution n’est que provisoire. Ce système ne convient pas aux châteaux qui ont besoin de bâtir une communication à long terme. Après de longues négociations avec le ministère de l’Agriculture échaudé par la mise en cause de celui de 2003 et les affaires de justice qui entachent celui de 2012 à Saint-Émilion, un accord a été obtenu sur un cahier des charges extrêmement précis pour la relance d’un classement quinquennal.

D’ores et déjà, les crus concernés ont déposé leur candidature. Ce classement qui devrait reconnaître trois catégories de bourgeois – exceptionnels, supérieurs, bourgeois « simples » – devrait aboutir en 2020.

Il est à noter la progression des demandes qui se traduit par une hausse quasi continuelle des crus acceptés en bourgeois avec 243 châteaux pour le millésime 2008, 256 pour le millésime 2011 et 270 pour le 2016, un chiffre comparable à celui de 2015 (271). Cela confirme la bonne santé de cette catégorie de vins à la portée de tous les amateurs.

Les 270 crus bourgeois 2016 représentent 31 % de la surface viticole du Médoc, soient 5 000 ha, et se répartissent ainsi au sein des différentes appellations médocaines :

AOC Médoc : 123
AOC Haut-Médoc : 89
AOC Listrac-Médoc : 15
AOC Moulis en Médoc : 12
AOC Margaux : 9
AOC Pauillac : 4
AOC Saint-Estèphe : 18

En partenariat avec Le Point, l’alliance des crus bourgeois a relancé en 2011 la « coupe des crus bourgeois », concours interrompu en 1999, après deux décennies d’existence, à la suite des soubresauts liés à la réforme du classement.

Le Château Doyac fait partie de la sélection officielle millésime 2016.

Pour en savoir plus :

https://www.lepoint.fr/vin/chroniques/crus-bourgeois-du-medoc-en-attendant-le-classement-la-selection-officielle-24-09-2018-2253918_582.php